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Stratégie

Innover et réformer pour une société de compétences au niveau régional et européen
N° 4 - Mars-Avril 2018

Quels sont les nouveaux schémas de développement des compétences pour permettre aux entreprises de recruter selon leur besoin et aux citoyens de s’insérer et de se maintenir dans le marché de l’emploi ?

Les sondages le disent, l’acquisition des compétences est une préoccupation pour les salariés et pour leurs employeurs. Les études présentées par Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop, lors du plateau débat dédié aux enjeux européens et nationaux des compétences pendant la première journée de l’Université d’hiver de la formation professionnelle, le 31 janvier à Biarritz, montrent que les Français placent la formation en première place pour sécuriser leur avenir professionnel – devant le changement d’entreprise ou de métier. “La formation peut servir de levier en cas d’évolution de carrière”, a-t-il rappelé.

S’inspirer du travail des autres

Les compétences ne sont pas une préoccupation spécifiquement française. L’Europe travaille sur ce sujet depuis longtemps, a indiqué Laure Coudret-Laud, directrice de l’agence Erasmus+ France Éducation & Formation. La réforme de la formation qui se met en place actuellement en France est dans un “timing parfait” avec les travaux européens sur le sujet : “L’éducation et la formation sont aujourd’hui portées dans l’agenda européen au plus haut niveau, et c’est nouveau”, a-t-elle attesté.
“Dans la façon dont s’est organisée la construction des réseaux en Europe, ou la reconnaissance des compétences, on peut trouver des appuis pour tout ce qui se construit actuellement en faveur de la formation professionnelle”, a-t-elle observé, invitant les acteurs à s’inspirer du travail des formateurs d’adultes du réseau Epale [1]. La directrice de l’agence européenne a rappelé que chacun avait intérêt à regarder les expérimentations déployées dans le cadre d’Erasmus+ : “La richesse et l’innovation viennent des gens qui participent à ces projets et du regard qu’ils portent à leur domaine”, a-t-elle considéré.

Un continuum de compétences

Tous les échelons géographiques se mobilisent. “Les Régions veulent participer à ce continuum de compétences qui passe par l’orientation, la formation, l’emploi et le développement économique”, a souligné Georgette Breard, vice-présidente de la Région Bretagne en charge de la formation, de l’apprentissage et de l’orientation.
Si ces compétences sont nécessaires pour le développement des territoires en répondant aux besoins des entreprises, c’est bien grâce à la formation qu’on les acquiert. Une “chaîne de valeurs” dans laquelle les Régions veulent s’impliquer. Elle considère que la mise en place une société de compétences permet de répondre aux aspirations de développement personnel mais aussi de développement social “car sortir du chômage long, c’est consolider le tissu social”, a-t-elle insisté.

Le 31 janvier à Biarritz. De gauche à droite, Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop, Georgette Breard, vice-présidente de Bretagne,
Laure Coudret-Laud, directrice de l’agence Erasmus+ France Éducation & Formation, et Julien Nizri, directeur général de Centre Inffo. © Stephan Amelinck photographe

Cibler les publics fragiles

Georgette Breard a regretté que les partenaires sociaux ne soient pas identifiés par les salariés comme des vecteurs d’information sur la formation. “Nous devrions, nous, Régions, et les partenaires sociaux lancer un travail sur ce sujet avec les Crefop”, qui doivent, selon elle, se saisir des problématiques de formation des DE mais aussi de celles des salariés. “L’obsolescence des compétences des demandeurs d’emploi vient aussi du manque de formation des salariés.” La vice-présidente du Conseil régional de Bretagne voit un enjeu “massif” dans le déploiement du Pic (plan d’investissement compétences) dans les Régions : celui de cibler les publics qui ont le plus besoin de formation. Il faut donc “travailler sur l’information et l’accompagnement, c’est fondamental.”

Nécessaire “benchmark”

Les apprentis sont, du point de vue de la mobilité européenne, les publics fragiles ciblés par le rapport remis par le député européen Jean Arthuis à la ministre du Travail, le 19 janvier dernier. Alors que les étudiants sont nombreux à bénéficier de mobilité européenne, les apprentis ne partent, dans le meilleur des cas, que pour de courts séjours.
“Si nous voulons une vraie fluidité, une vraie mobilité, a déclaré Jean Arthuis, nous devons voir les pays où cela fonctionne bien”, comme en Allemagne, en Autriche ou aux Pays-Bas. “Ce benchmark [analyse comparative] est une impérieuse nécessité. Cela permettra aux jeunes de ressentir leur citoyenneté européenne. Et c’est dans ces conditions que nous commencerons à faire converger les législations sur le statut de la formation professionnelle, de l’apprentissage.

Peut-être une première pierre dans la mise en convergence des législations sociales sur le travail”, a-t-il conclu. 

par Béatrice Delamer, Centre Inffo, 2018

[1Plateforme électronique pour l’éducation et la formation des adultes en Europe. Un outil multilingue et ouvert, destiné aux enseignants, formateurs, chercheurs, universitaires, décideurs et à tous les professionnels du secteur de la formation en Europe. https://ec.europa.eu/epale/fr.

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