Centre Inffo
Actualité de la formation

← Retour à l'accueil

Dispositif

Aide aux aidants : une nouvelle problématique formation pour les entreprises
N°1 - Septembre-octobre 2017

L’aide aux aidants a mis du temps à s’installer dans le paysage social des entreprises, mais a finalement fait son entrée dans les problématiques RH. Depuis l’entrée en vigueur du « congé de proche aidant » le 1er janvier 2017, les employeurs sont de plus en plus nombreux à intégrer cette nouvelle dimension à leurs politiques formation.

Selon les estimations, la France compte de 8 à 11 millions de salariés contraints à devoir partager leur temps entre leur travail et l’aide à un proche touché par la maladie, le handicap ou le vieillissement. Le phénomène n’est pas nouveau et a commencé à émerger en tant que phénomène social dès les années 1970 et 80. Mais durant presque trois décennies, il n’aura été traité que sous l’angle des solidarités familiales et des politiques de santé publique, sans vraiment émerger dans la sphère de l’entreprise. Mais aujourd’hui, cette problématique prend de l’ampleur puisqu’elle touche près d’un salarié sur six, voire sur cinq pour les plus de 50 ans. « Longtemps, les entreprises se sont désintéressées de ce sujet, mais elles sont désormais obligées d’en tenir compte car la problématique des aidants impacte l’articulation entre les différents temps sociaux : le temps de travail comme le temps hors travail », explique Fabrice Gutnik, directeur opérationnel au sein du cabinet Psya, un organisme spécialisé dans la prévention des risques psychosociaux.

Une prise de conscience du rôle de l’entreprise

« Devenir aidant chamboule et génère un isolement social progressif », confirme Mélanie Tocqueville, responsable de l’ingénierie de compétences et de formation au sein d’Iperia, institut de formation axé sur la professionnalisation des salariés des particuliers employeurs. Et ce chamboulement, les directions des ressources humaines le constatent elles aussi : stress, absentéisme, burn-out, troubles du sommeil et problèmes de concentration deviennent souvent le lot commun des salariés placés en situation de devoir prendre soin d’un proche.

Bon gré mal gré, les entreprises ont fini par intégrer la nécessité de l’aide aux aidants dans leurs thématiques RH. Selon les chiffres du baromètre Autonomie 2017 de l’Ocirp (Organisme commun des institutions de rente et de prévoyance), près de 54,1 % des salariés, DRH et délégués syndicaux estiment que cette aide relève de la responsabilité de l’employeur. Ce chiffre atteint même 69 % dans la seule catégorie des salariés. « Nous assistons à une prise de conscience du rôle de l’entreprise », observait Jean-Manuel Kupiec, directeur général adjoint de l’Ocirp lors de la publication de l’enquête, le 24 janvier dernier.

Thème sociétal, mais aussi gage de performance

La plupart du temps, les salariés préfèrent laisser leur employeur dans l’ignorance de leur situation. « Ce n’est pas une problématique simple à aborder tant elle touche à la vie privée des individus », note Fabrice Gutnik.

Cependant, la tendance générale est à la bienveillance puisque 76,7 % des RH et 78 % des représentants syndicaux sont favorables à un renforcement du droit des aidants. Mais l’aide aux aidants ne s’improvise pas et parfois, l’excès de mansuétude peut être vécu comme un étouffement par les salariés concernés, ajoutant à leur malaise. Particulièrement lorsque l’entreprise gère maladroitement l’affaire ou se contente s’emparer du sujet à des seules fins de communication. « Heureusement, c’est un cas qui se présente peu », tempère Florence Leduc, présidente de l’Association française des aidants (Afa), « car depuis l’irruption des sujets liés à la RSE au sein des entreprises, les employeurs ont compris que l’aide aux aidants constituait certes un thème sociétal porteur, mais surtout un gage de performance économique ».

Impliquer aussi les petites entreprises

Face à cette problématique, le sujet de la formation - ou, au minimum, de la sensibilisation - se pose. Et celle-ci concerne un large éventail d’acteurs (responsables RH, élus de CHSCT, voire médecins du travail ou cadres supérieurs) au premier rang desquels les managers de proximité, placés directement au contact des salariés, mais aussi les représentants du personnel, situés en première ligne sur les questions liées à l’adaptation du temps de travail, au télétravail ou au droit à la déconnection.

Casino, Danone, le Crédit Agricole, La Poste, la SNCF ou Sanofi ont ainsi développé leurs propres plans d’action en direction des aidants et formé leurs équipes à cette fin. Pour l’heure, cependant, cette prise de conscience reste l’apanage des grands groupes ou des grosses PME. « Nous touchons peu les petites structures », regrette Florence Leduc. Afin d’y remédier, son association a d’ailleurs lancé un programme destiné à former 17 000 particuliers en trois ans qui sera prochainement décliné au format e-learning.

D’autres réseaux associatifs sont également à la manœuvre comme l’Association des paralysés de France (3000 formations) ou France Alzheimer (25 000 formations), en partenariat avec la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA). « Par ce biais, nous pouvons toucher des salariés, voire des dirigeants, de petites entreprises, qui peuvent à leur tour sensibiliser autour d’eux, y compris sur leur lieu de travail », explique-t-on au sein de la CNSA.

La récente implication des pouvoirs publics via les lois ASV et Travail (voir encadré) ont permis d’ouvrir de nouveaux champs de possibilité pour les proches aidants. Mais les moyens restent modestes et jugés insuffisants. « Il faudra à l’avenir que les entreprises se saisissent de la possibilité d’un congé payé pour l’aidant », annonce Jean-Manuel Kupiec. En tout cas, 55,9% des concernés le réclament.

Le "droit au répit" et le congé de proche aidant

Dans le monde des aidants, la loi relative à l’adaptation de la société au vieillissement (ASV) du 28 décembre 2015 a été perçue comme une petite victoire puisqu’elle instaure la reconnaissance du statut de l’aidant, un « droit au répit » de 500 euros annuels et d’un congé applicable depuis le 1er janvier 2017. La loi Travail du 8 août 2016 est venue consacrer ce congé en le transformant en « congé de proche aidant » et offrant la possibilité de son extension par accord d’entreprise. Problème pour les professionnels du secteur : ce congé reste non rémunéré, d’où leur appel à l’implication des entreprises et des branches.

par Benjamin d’Alguerre, Centre Inffo, 2017
Partager  

Inscrivez-vous gratuitement à la lettre

Articles par mots-clés

Décryptage Dispositif Édito Emploi Entreprise Événement Outil Recherche Stratégie

L'agenda de l'innovation

• 16 mai – Chasseneuil-du-Poitou (86) – Créathon : « Ce que le numérique fait à l’espace éducatif francophone »

Des équipes de trois à cinq personnes réparties à l’Atelier Canopé de Chasseneuil-du-Poitou, à Cobalt, sur les campus numériques francophones de l’AUF dont celui d’Alexandrie, et dans des lieux du monde entier vont concourir afin de donner vie à un projet unique autour de l’éducation, du numérique et de la francophonie.

Plus d'infos sur : Campus e-éducation
• 17 mai – Saint Denis (93) – Innovations pédagogiques et technologiques dans l’apprentissage
Plus d'infos sur : CNAM
• 18 mai – Caen (14) – Innovations : l’approche des pédagogies et structures alternatives

Ce colloque proposera des conférences, des tables rondes, des ateliers-débats, pour échanger sur les pratiques professionnelles, croiser les regards du terrain et de la recherche, dresser un état des lieux et dessiner les perspectives à venir en matière d’innovation à l’échelle des collectifs et des établissements scolaires, du primaire au secondaire, des structures alternatives aux structures de retour à l’école.

Plus d'infos sur : CEMEA
• 25 mai – Caen (14) – Living lab « Innover dans l’orientation et la formation »

Un parcours d’innovation participative ouvert aux acteurs et bénéficiaires de la formation.

Plus d'infos sur : Université de Caen Normandie
• Du 8 au 10 juin – Sainte-Croix (26) – Festival de l’innovation pédagogique

Le festival de l’innovation pédagogique propose aux consultants, coachs, formateurs, RH et managers, d’innover et d’oxygéner leurs pratiques sur des thèmes sensibles d’actualité. Il est consacré cette année à la « conduite du changement ».

Plus d'infos sur : https://www.know-futures.com/fr/blog/formation-fip-n14
• 19 juin – Nantes (44) – Peut-on reproduire la réalité dans l’apprentissage par le jeu ?

Cette conférence s’intéresse à la ludopédagogie ou pédagogie par le jeu, aux serious games, à la gamification des apprentissages… autant d’innovations digitales impliquant différentes formes d’approches ou de simulation de la réalité du travail au service de la pédagogie.

Plus d'infos sur : Eventbrite
• 20-22 juin – Montpellier (34) – Apprendre, transmettre, innover à et par l’université

L’innovation, le numérique, l’hybridation, les Humanités Numériques, les nouvelles compétences à acquérir pour les étudiants, l’accompagnement des enseignants du supérieur, telles seront les thématiques du colloque.

Plus d'infos sur : AEM
• 22 juin – Paris (75) – Innover pourquoi ? Quelles innovations pédagogiques pour transformer votre établissement ?

EducPros propose un temps d’analyse avec des experts sur les enjeux de l’innovation pédagogique dans l’enseignement supérieur et de nombreux retours d’expériences d’établissements.

Plus d'infos sur : EducPros
• 22 juin – Toulouse (31) – 4ème Grand forum de la pédagogie AGO : innover avec la multimodalité

Un forum pour découvrir comment le MOOC est presque dépassé, comment faire une salle de formation augmentée dans un espace apprenant qui intègre le numérique, comment faire bouger pour faire réfléchir, gamifier plutôt qu’utiliser des serious games, mettre en scène théâtralement pour comprendre, danser en entreprise pour fabriquer des projets.

Plus d'infos sur : AGO Formation
• Du 27 au 29 juin – Paris (75) – Digital Learning Day 2018

Trois jours intenses dédiés au Digital Learning.

Plus d'infos sur : Digital Learning Day
• 10 et 11 juillet – Rennes (35) – Université d’été : accompagner les acteurs de l’enseignement supérieur pour réussir la flexibilisation des parcours

L’objectif de l’Université d’été est de rassembler les principaux représentants des acteurs de l’enseignement supérieur afin de les faire travailler de manière active et collaborative sur la thématique de la flexibilisation des parcours.

Plus d'infos sur : super-numerique.gouv.fr

Archives